samedi 6 avril 2019 / 21:00
dimanche 7 avril 2019 / 17:00
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DON JUAN REVIENT DE LA GUERREÖdön Von Orvath

samedi 6 avril 2019 / 21:00
dimanche 7 avril 2019 / 17:00

Don Juan revient de la guerre

Ödön Von Orvath

 

 

Ecrite en 1936, cette pièce, composée de 24 tableaux, met en scène un Don Juan fatigué et malade au retour de la guerre de 1914-1918. C’est le paysage d’une société bouleversée que l’auteur fait ressurgir, le terreau dans lequel s’est enraciné le pire de l’Histoire. Et Don Juan, en quête d’un idéal perdu, apparaît tel un mythe qui s’effondre.

C’est donc dans une Allemagne ruinée et détruite que Don Juan, recueilli par des prostituées puis par des religieuses, attend vainement une réponse aux nombreuses lettres qu’il a écrites à sa fiancée qu’il avait abandonné avant cette guerre. 

Par résignation ou par cynisme, ne pouvant échapper à lui-même, contraint à travailler à cause de l’inflation galopante, il se fait marchand d’art et reprend son ancienne vie de séducteur.  Accusé faussement de viol par la toute jeune fille, il part jusqu’à « la ville sans nom », pensant retrouver sa fiancée. Ses pas le conduiront sur sa pierre tombale où il la rejoindra dans la mort, s’allongeant sur la tombe sous la neige. Une étreinte mortelle.

 

Les Femmes

Au cours de son périple, Don Juan, antithèse d’Ulysse, va rencontrer 35 femmes que la vie et la guerre ont transformées.

Ces femmes d’une «nouvelle époque » ont pris leur destin en mains, elles ont appris à se passer des hommes, moralement et sexuellement, elles se sont endurcies.

Elles vibrent de toutes les manières, pensent, agissent, se débattent, luttent pour vivre. Ce sont des infirmières, des veuves, des religieuses, des mères, des filles légères, des militantes.

Jamais décrites mais énumérées, elles incarnent huit types humains :  la tragique, l’étourdie, la bonne, la profonde, la rebelle, la passionnée, celle qui hait, celle qui s’éveille.

Conscientes d’être l’objet d’une erreur de personne, elles préfèrent en rire et dire d’une voix collective :

« Nous la lui rappelons toutes, chez l’une ce sont les yeux, chez l’autre la bouche

-Chez moi ce sont les jambes

-Et vous très chère ?

-Chez elle ce sera l’âme. »

 

La Guerre

Quel récit fait Don Juan lorsqu’il revient de guerre ?

Au mutisme de la mort, répond le silence de Don Juan qui de la guerre ne dit rien, que jamais il ne raconte, sinon à en faire une expérience qui, croit il, l’aura individuellement changé.

Le récit de la guerre est un récit impossible et la mort à la guerre passe par la mort en temps de paix. Car la guerre continue à tuer durant la paix. Elle tue de maladie : la grippe espagnole qui emporta en un seul automne 1918 en Allemagne près de 200 000 personnes ; elle tue d’amour, d’amour fou comme Don Juan et sa fiancée.

Don Juan rejoue inlassablement une pièce qui, depuis trois siècles, à tant de versions.

Et qui commence le soir de l’armistice. La guerre s’arrête, le spectacle continue.

 

Ödön Von Horvath…

Il est contemporain d’un certain bouleversement de valeurs pendant la grande inflation 1919-1923, le malaise que porte en lui Don Juan, un homme du passé, fait partie de ces maladies de l’âme qui égarent l’esprit.

C’est bien ce que ressentait l’auteur, le dérapage de l’esprit des hommes en Allemagne sous l’emprise de l’idéologie nazie, qui l’a contraint à s’exiler en Europe, puis à Paris où il mourra,  assommé par une branche d’arbre lors d’une tornade en juin 1938.

 

Tout l’art de Ödön Von Orvath, austro-hongrois, s’apparente au courant artistique en vigueur en Allemagne dans les années 1920 : la Nouvelle Objectivité, un mouvement emprunt de conscience sociale et banni par les nazis. Cependant la structure de la pièce (un personnage principal entouré de figures anonymes, la succession de courts tableaux, rappelant le montage cinématographique) est l’héritage de l’expressionnisme.

 

La mise en scène et le jeu théâtral

L’action se passera au plus près des spectateurs, comme des témoins privilégiés de l’errance de Don Juan, pendant 3 actes et 24 scènes enlevées, entre gravité et humour. La force des personnages permet d’éviter tout réalisme scénographique, et ce afin d’offrir aux actrices et acteur un plateau nu pour que rejaillisse pleinement la parole forte du poète.

 

La distribution 

14 habitants des quartiers sud et du centre ancien de Bastia.

13 femmes et 1 homme de 32 à 88 ans.

Pour la seconde édition d’Escales de Théâtre, Catherine Graziani & François Bergoin, metteurs en scène, ont souhaité faire travailler les participants sur une pièce entière.

Ainsi «Don Juan revient de la guerre» d’Ödön Von Orvath a été choisie car la pièce remplissait les critères de répartition de la distribution composée d’ 1 homme et de 35 femmes. Ainsi chaque femme joue plusieurs rôles.

 

Santa Bacchini, Martine Béroud, Fanny Berraho, Armelle Bottala, Fatima-Zohra Brick, Paule Combette, Céline Emanuelli, Gaby Gerdes, Emeline Girard, Jeanne Marciano, Candice Moracchini, Marianne Murracciole, Paule Orel, Mimoun El Amraoui
 

Mise en scène :  Catherine Graziani  & François Bergoin

Lumière : Sylvaine Comsa

 

Projet de lien social financé par :

 le Contrat de Ville de Bastia , le CGET  (Commissariat Général à l’Egalité des Territoires),

avec le soutien de la Collectivité de Corse.

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Informations :
Réservations :04 95 39 01 65
DON JUAN REVIENT DE LA GUERRE